27 avril 2017

L’Ecole de Paris, du voyage d’étude à l’immigration

Des artistes étrangers au siècle des avant-gardes

Le terme d’Ecole de Paris fait référence à un groupe d’artistes français et émigrés ayant bénéficié, surtout entre les deux guerres, de la liberté artistique parisienne.

Meyer LAZAR, Village au palmier. Il est le précurseur de l'Ecole de Paris
Meyer LAZAR, Village au palmier. Il est le précurseur de l’Ecole de Paris

A l’époque, Paris représentait un désir de liberté qui se caractérisait sous plusieurs formes : la liberté politique, une ambiance économique prospère, la facilité de pouvoir fréquenter les grands maîtres de l’art moderne, Picasso, Braque, Rouault, Matisse, Léger et un contexte riche de galeries d’art, critiques et collectionneurs agissant en mécènes des artistes.

Picasso sur une table de la Rotonde, Paris
Picasso sur une table de la Rotonde, Paris

D’un point de vue purement chronologique, l’Ecole de Paris s’étend du début du XXe siècle jusque dans les années 1960 avec trois vagues. La première école va de 1900 à 1920, la deuxième couvre l’entre-deux-guerres et la dernière désigne l’après-deuxième Guerre mondiale

Henri Valensi, Mariage des palmiers, 1921
Henri Valensi, Mariage des palmiers, 1921

Grâce aux expositions universelles qui l’ont consacrée Ville Lumière, Paris représentait le premier foyer culturel et intellectuel mondial. L’esprit de liberté était très recherché par les peintres, les sculpteurs, mais aussi des poètes, des musiciens ou des photographes. Le noyau dur de la première école s’installe à Montmartre et était constitué de l’emblématique Pablo Picasso, mais aussi de Braque, Modigliani, Kees van Dongen, Chagall ou encore Léonard Foujita.

Tsuguharu Foujita, Femmes a la mantille, 1953
Tsuguharu Foujita, Femmes a la mantille, 1953

La Première Guerre mondiale est responsable de la dispersion de certains d’entre eux et de l’engagement volontaire d’autres dans l’armée française. Louis Marcoussis, ami d’Apollinaire, sera décoré.

Louis Marcoussis, Paysage de Kerity, 1927
Louis Marcoussis, Paysage de Kerity, 1927

Par la suite, Montparnasse remplace Montmartre et les trois principaux cafés de l’Ecole de Paris sont le Dôme, la Rotonde et la Coupole. La deuxième vague est fascinée par Montparnasse et l’Entre-deux-guerres connaît donc l’arrivée d’autres artistes (Poliakoff, Mané-Katz ou Garbell) et voit l’émergence de nouvelles tendances stylistiques, telle l’abstraction, ainsi que l’importance de la couleur en peinture.

Serge Poliakoff, Composition verte, 1966
Serge Poliakoff, Composition verte, 1966

La nouvelle Ecole de Paris rassemble des artistes à l’esthétique bien différent, mais réunis autour d’une forme d’art proche de l’abstraction pure dans les années où le régime nazi refusait le modernisme de l’art, considéré comme art dégénéré. Il s’agira des peintres comme Jean Bazaine, Jean Le Moal, Edouard Pignon ou Maurice Estève.

Pour voir les chefs d’oeuvre de l’art moderne, rendez-vous à l’exposition 21 rue La Boétie au Musée Maillol, jusqu’au 23 juillet 2017.

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30 mars 2017

Visite de l’atelier Constantin Brancusi

Visite de l’atelier Constantin Brancusi

Né en Roumanie en 1876, Constantin Brancusi vécut et travailla à Paris de 1904 jusqu’à sa mort en 1957. C’est un artiste majeur de l’histoire de la sculpture moderne.

Constantin Brancusi
Constantin Brancusi

C’est dans les ateliers qu’il occupa aux numéros 8 puis 11 de l’impasse Ronsin à Paris, dans le 15ème arrondissement de Paris, que la majorité de son oeuvre fut produit. Peu avant sa mort, il lègue à l’Etat français la totalité de son atelier, reconstruit à l’identique sur la Piazza du Centre Pompidou en 1997. Aujourd’hui l’atelier accueille 137 sculptures et 87 socles originaux, 41 dessins, deux peintures, ainsi que plus de 1600 plaques photographiques de verre et des tirages originaux.

Atelier Brancusi
Atelier Brancusi

Dès les années 1910 il crée des groupes mobiles qu’il dispose dans une étroite relation spatiale afin de souligner l’importance que les oeuvres entretiennent entre elles et les possibilités de mobilité de chacune au sein de l’ensemble. L’atelier devient, à partir des années 1920, un lieu de présentation de son travail et une oeuvre d’art à part entière. Constantin Brancusi s’amuse alors à remanier la place des sculptures tous les jours pour approcher l’unité qui lui parait la plus juste.

L'atelier Brancusi au 8, impasse Ronsin
L’atelier Brancusi au 8, impasse Ronsin

Au crépuscule de sa vie, Constantin Brancusi ne produit plus de sculptures mais se concentre sur la seule façon qu’il lui semble correcte de les représenter au sein de son atelier. Ce lien étroit entre ses sculptures devient si important à ses yeux que lorsqu’il vend une oeuvre, il la remplace par son tirage en plâtre pour ne pas perdre l’unité de l’ensemble.

Constantin Brancusi, La Muse endormie, 1910
Constantin Brancusi, La Muse endormie, 1910

C’est Renzo Piano en 1997 qui édifie l’actuelle reconstitution de son atelier Piazza du Centre Pompidou. L’endroit se présente comme un espace muséal dans lequel est inséeé l’atelier. Le spectateur est préservé de l’animation de la rue et de la Piazza, notamment par un jardin clos.

Atelier Brancusi, Paris credit photo RPBW
Atelier Brancusi, Paris credit photo RPBW
Atelier Brancusi, credit photo RPBW
Atelier Brancusi, credit photo RPBW
16 mars 2017

Paul Dupré-Lafon – Designer entre traditionalisme et modernité

Paul Dupré-Lafont designer
Paul Dupré-Lafon

Le designer Paul Dupré-Lafon naît à Marseille le 17 juin 1900 et débute sa carrière artistique à l’école des Beaux-arts de Marseille. En 1923, une fois diplômé en architecture et décoration il s’établie à Paris comme architecte décorateur. Paul Dupré-Lafon évolue en pleine période Art déco. L’époque des années folles va être profitable au tout jeune décorateur. Cette période de foisonnement culturel et d’intense créativité, l’esprit de modernité ambiant ainsi que ses fréquentations avec un milieu aisé vont le conduire à avoir une production luxueuse, raffinée destinée à un public averti mais empreinte de l’air du temps. Les meubles du créateur sont fonctionnels et épurés aux volumes cubisants sans trop d’ornementation. Cependant, le décorateur aime utiliser des matières nobles et pousse la qualité de fabrication de ses productions.

Paul Dupré-Lafont Dessin d' interrieur
Paul Dupré-Lafon Dessin d’ intérieur

Le designer se fait le lien entre les tendances traditionalistes et modernistes de l’art déco. Il aime opposer des matériaux luxueux tel que des bois précieux, du bronze et d’autres moins nobles comme du laiton, des bois brut.

Paul Dupré-Lafont Bureau en parchemin, Chêne et Cuivre et fauteuil
Paul Dupré-Lafon Bureau en parchemin,                  Chêne et Cuivre et fauteuil

En 1929, il va être chargé de la décoration d’un hôtel particulier, rue Rembrandt. Ce chantier est l’un des plus importants chantiers privés qu’il se verra confier au cours de sa carrière. L’intérieur est aménagé de manière fonctionnelle, clair sans trop de superflu ni d’ornementation mais les matières nobles comme les bois précieux ou encore le cuir sont présents pour cette clientèle désireuse de luxe. Comme beaucoup des décorateurs Paul Dupré Lafon est aussi ensemblier,il traite ses chantiers dans leur intégralité et travaille les volumes comme un tout. 1929 est également le début de sa collaboration avec Hermès.

Paul Dupré-Lafont pour Hermes Valet
Paul Dupré-Lafon pour Hermes Valet

L’exposition de 1925, avènement de l’art déco et la crise de 1930 vont avoir un impact sur ce mouvement. L’opposition entre le traditionalisme et le fonctionnalisme se fait de plus en plus ressentir. La première tendance, manifestation des utopies du grand siècle de l’ébénisterie française s’essouffle. Tout d’abord, l’élite française se tourne vers la seconde tendance synonyme pour eux de réelle révolution artistique. Ensuite, la crise financière des années 1930 sonne la fin des années folles mais également de cette clientèle fortunée du traditionalisme. Enfin, en 1930, la mort de Ruhlmann, figure emblématique de ce mouvement, apparait comme un signe et marque la fin d’une époque. Pourtant, Dupré-Lafon garde une création cohérente entre tradition et modernité.Seul, la rare qualité d’exécution et les matériaux employés rappelle la signature des traditionalistes.

Paul Dupré-Lafont Table Basse vers 1940
Paul Dupré-Lafon Table Basse vers 1940

En abordant les chantiers dans leur ensemble et en se détachant du meuble en soi, Paul Dupré-Lafon offre une vision plus moderne. De la même manière, le décorateur ne se laisse pas totalement absorber par le fonctionnalisme et continue de travailler sur les matières précieuses. C’est ce travail à mi-chemin entre les deux tendances principales de l’Art déco qui lui auront permis de perdurer. Ainsi, en 1938, il investit un second chantier avenue Foch. Lors de la seconde guerre mondiale, Paul Dupré-Lafon est mobilisé, il ne reprendra son activité qu’après l’armistice. Les années 1950 sont très prolifiques pour l’artiste, les commandes se multiplient pour des villas, des bureaux, des magasins. Hermès édite son valet de nuit. Après une période d’activité réduite dans les années 1960, le décorateur réalisera son dernier grand chantier, une villa à Deauville. Il meurt en 1971 d’une crise cardiaque. Paul Dupré-Lafon reste à ce jour l’un des grands créateurs de l’Art déco.

Paul Dupré Lafont interrieur
Paul Dupré Lafon intérieur

Pour aller plus loin

Vous pouvez trouver en bibliothèque le livre :
« Paul Dupré Lafon, décorateur des millionnaires »